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La réunion de l’Ocsan 2006 , Ivalo et rivière Tana

L’OCSAN et la belle Tana

C’est à Saariselka, au nord de la Laponie finlandaise, que s’est tenue en juin 2006 la 26è réunion statutaire de l’OCSAN. Deux membres de l’AIDSA, Frédéric MAZEAUD et Christian VERNES, y participaient pour bien confirmer l’adhésion de notre association aux vues de l’OCSAN qui demeure à ce jour l’un des rares piliers de la protection du saumon face aux agressions multiformes que notre salar endure aussi bien dans les eaux internationales que dans les pays d’origine des smolts.

Cette réunion fut sans surprise, hélas ! La légère embellie qu’on avait pu observer ces deux dernières années sur la globalité de la population de l’Atlantique Nord semble s’être évaporée, et il nous faut considérer que la suppression quasi-totale des prises au Groëland et aux Féroës, les restrictions que les pays s’imposent en matière de pêche au saumon, les avancées de la recherche que l’OCSAN coordonne, et d’une manière générale tout ce que nous pouvons faire pour protéger l’espèce, rien ne produit les résultats escomptés.

Face à ce constat quelque peu amer, un îlot d’espérance demeure. Il s’agit de la belle Tana, magnifique rivière à saumons qui serpente longtemps aux frontières de la Finlande et de la Norvège avant d’aller mouiller de ses eaux abondantes les rivages du Cap Nord. En ce mois de juin, de volumineuses congères bordent ses rives sur lesquelles broutes des troupeaux de rennes peu farouches. Aux bons endroits, des pêcheurs s’aventurent loin dans la bordure des courants. Des bateaux, c’est-à-dire des canadiennes spécialement dotées d’un stabilisateur arrière, sillonnent les pools à la recherche des premiers saumons qu’ils cherchent à prendre avec des arts traînants. Au total, la Tana est la dernière rivière d’Europe occidentale où une pêche commerciale significative se déroule encore, avec de cinquante à deux cents tonnes de saumons capturés annuellement.

A la frontière, la Tana s’engage définitivement en territoire norvégien pour parcourir les derniers kilomètres qui la séparent de la mer. A cet endroit la rejoint l’Ustjoki, un puissant affluent qui sert aussi de nurserie. Sur les bords de l’Ustjoki, un laboratoire centralise tout ce qui est nécessaire à la bonne marche de la population des saumons du lieu. Penchons-nous sur le pont. Au fond de l’affluent, on distingue à travers l’eau brune une ligne de webcams. Tous les cinquante centimètres, des caméras observent et enregistrent ce qui se passe dans la rivière. Des fils conduisent l’information jusqu’aux écrans du laboratoire, à trois cent mètres de là. Smolts ou saumons, rien ne leur échappe 365 jours sur 365... On rêve !

Pendant les sessions, l’OCSAN passe en revue la politique des différents pays qui prétendent protéger efficacement le saumon. Autorité de rivière, suppression des barrages, interdiction des pêches d’interception, arrêt de l’assèchement des cours d’eau par les pompages sauvages ou les extractions de granulats .... Il y a longtemps que nous savons cela, pourquoi est-ce bien chez les autres et pas chez nous ?

Le Secrétaire, Frédéric MAZEAUD